30.01.2011
Faut-il boycotter les œufs de batterie?
En France, huit poules sur dix sont élevées dans des petites cages sans lumière. Une association appelle à ne plus acheter les œufs de ces volailles.
Les militants écologistes estiment que les consommateurs pourraient accepter de payer un peu plus cher pour des oeufs non produits en batterie.
Des animaux qui ne voient pratiquement jamais la lumière directe du soleil, prisonniers de bâtiments sans fenêtres, parqués à plusieurs dans des cages au sol grillagé… Voilà le triste quotidien de la plupart des poules pondeuses en France. Une réalité très éloignée de l’image idyllique véhiculée par les éleveurs de volailles en plein air, où les cocottes dodues gambadent librement dans de jolis prés.
Habituée à dénoncer depuis des années les conditions de vie des volailles élevées en cage, l’association L214 appelle ni plus ni moins cette semaine au boycott des œufs de batterie vendus en grande surface. Depuis le début de semaine, les militants ont entamé une tournée des supermarchés pour rencontrer les directeurs de magasins et informer les clients sur le sort des poules pondeuses.
« En Allemagne, en Autriche, en Grande-Bretagne, en Belgique et aux Pays-Bas, la plupart des enseignes ont déjà retiré de leurs rayons les œufs de batterie, affirme Sébastien Arsac, porte-parole de L214. En France, 80% des poules pondeuses sont maintenues en cages de batterie et passent leur vie entière sans pouvoir gratter le sol ou prendre un bain de poussière. Elles sont contraintes de rester dans la promiscuité, le bruit et la puanteur. Certaines fermes comptent jusqu’à 200000 poules, et plus les élevages sont gros, plus il y a de risque de contamination bactérienne par les salmonelles. » Depuis l’an dernier, la chaîne hôtelière française Novotel a banni les œufs de batterie des petits déjeuners de ses clients. L’association L214 espère que d’autres enseignes prendront le même chemin.
Une directive européenne pour des cages plus grandes
« S’il n’y avait plus d’élevages de poules pondeuses en cages, la France serait obligée d’importer, alors qu’elle est aujourd’hui leader européen. Et les prix ne seraient pas aussi compétitifs pour les consommateurs, avertit Christian Marinov, directeur du Centre national de promotion de l’œuf. Les conditions de vie des poules en cages n’ont par ailleurs cessé de s’améliorer depuis des années », rassure-t-il.
Le 1er janvier prochain, une nouvelle directive européenne imposera en outre aux aviculteurs d’investir dans des cages plus grandes. Mais l’association appelle les « exploitants d’élevages en batterie » à se tourner plutôt vers des formes d’élevages moins intensifs.
Le problème de « surcoût » avancé par les aviculteurs est balayé d’un revers de main par les militants écologistes. « En grande surface, une boîte de six œufs élevés en plein air coûte environ 33 centimes de plus qu’une boîte d’œufs produits en batterie, calcule Sébastien Arsac. Sachant que les Français consomment en moyenne 250 œufs par an, c’est à peine plus d’un euro à débourser de plus par mois. »
Comment reconnaître les oeufs de batterie ? Il suffit de repérer les chiffres indiqués sur la coquille. Le 3 indique qu’il s’agit d’un œuf de batterie, le 2 d’un œuf provenant d’une poule élevée au sol dans des volières, le 1 d’une poule élevée en plein air et le 0 d’une poule nourrie aux céréales bio.
(Source : Le Parisien )
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